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21 mars 2017

Le self-interview de Vincent Boudgourd

Le self-interview : l’interview avec toi-même où tu dis que ce que tu veux

La règle : l’interviewé prend en photo son espace de travail et répond aux questions qu’il rêverait qu’on lui pose.
Enfin, il énonce sa « question détestée ».

Vincent est directeur artistique et illustrateur. Chez Milan et demi, il a illustré les carnets défouloirs du stagiaire et des transports en commun et participé à l’ouvrage collectif La France qui gueule !

bureau boudgourd

Je me reçois à Rennes, dans mon bureau décoré d’images et d’objets des années 50, 60 et 70, pour nous parler de moi, de mes angoisses de la feuille blanche, de mes couleurs préférées, de ce métier et de tout ce qui ne va pas assez vite, du beau et bon dessin et surtout, des questions que je rêve de me poser !

Tout d’abord, merci Vincent de me recevoir dans mon lieu de travail, nous n’en aurons pas pour longtemps – je crois savoir que je déteste les self-interviews – voici donc ma première question : mais pourquoi ai-je accepté cette self-interview ?

Pour en savoir un peu plus sur moi-même… (rires)

Quelle serait la question que je rêverais de me poser ?

Celle-ci et toutes les suivantes !

Quelles sont mes couleurs préférées ?

Le jaune et le marron, le rouge et le vert.

Ai-je peur de la feuille blanche ?

C’est une bonne question, mais je ne me la pose jamais. C’est plutôt la feuille blanche qui a peur de moi de temps en temps ! Certaines s’en souviennent encore… (rires)

Je dis qu’il n’y a pas de dessin idéal. Pourrais-je m’en dire un peu plus ?

(long silence) Dessiner, c’est comme écrire ou raconter des histoires, il faut aller à l’essentiel, oublier le superflu et donner le maximum de soi-même. Un bon dessin doit être explosif, il doit être comme une baffe. Surtout s’il doit servir la presse ou l’affiche. Il faut en permanence condenser, simplifier, ce que savent très bien faire les enfants lorsqu’ils dessinent, sauf qu’eux ne se posent pas autant de questions que moi.
Après, je pense qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais dessin. Le dessin idéal n’existe pas et c’est tant mieux. Tous les goûts sont dans la nature et tous les dessins aussi. Le dessin parfait, le dessin ultime, le dessin idéal, s’il y en a un, alors il arrivera sans filtre, sans chichi. Je fais confiance à mon instinct. (Vincent gribouille nerveusement un petit bout de papier) Le dessin idéal, c’est pour demain.

La question que je détesterais que je me pose ? Je sais que je ne me la poserai pas.

V. B.

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