Image
Top
Menu
2 février 2017

Le self-interview de Dominique Corbasson

Le self-interview : l’interview avec toi-même où tu dis que ce que tu veux

La règle : l’interviewé prend en photo son espace de travail et répond aux questions qu’il rêverait qu’on lui pose.
Enfin, il énonce sa « question détestée ».

Dominique Corbasson est artiste et illustratrice. Chez Milan et demi, elle a publié Joli Paris.

Quel est mon moment préféré dans mon travail ?

Quand je possède le dessin et que la magie opère. Ça devient facile, il se passe quelque chose… J’ai fait un crayonné, un croquis au crayon noir, puis je le reprends à la table lumineuse, je l’agrandis ou pas, et je passe direct à la couleur ! J’ai mon idée de gamme colorée dans la tête – c’est dans la tête que tout se passe, même le geste, il est surtout dans la tête ! Et c’est à la couleur que mon dessin se révèle, je rattrape même parfois une composition avec la couleur. C’est là qu’il prend toute sa pêche, son parti : que la magie opère.
Parfois, c’est raté, ça ne vient pas, alors je recommence au crayon… Je veux que mes peintures aient l’air faciles à faire, qu’elles soient évidentes et simples à saisir. C’est quand j’ai ce sentiment que je sais qu’elles sont réussies.

Est-ce que je fais des pauses dans ma journée ?

Absolument ! Dans mon activité artistique, faire une pause, c’est prendre du recul, c’est utile, c’est même crucial ! Ça répond à un besoin physique déjà : s’arrêter c’est prendre une grande respiration. C’est le moment aussi de parler avec quelqu’un, mon mari ou mes filles le plus souvent, puisque je peins chez moi, de leur demander leur avis et de m’autocritiquer sur le travail en cours. Ça va toujours mieux après une pause ! Après tout, quand on travaille seul et juste pour soi, on ne rend des comptes qu’à soi-même, donc si je sens que je prends du retard par rapport à un objectif fixé, je me rattraperai !

Ai-je peur quand je reçois mon livre imprimé, ter-mi-né ?

Oui. Il y a toujours une surprise car ce n’est pas moi qui décide et orchestre la fabrication, mais l’éditeur. Du coup, même si on s’en est parlé en amont, j’ai toujours la surprise de ce que rendront mes images sur le papier, dans le format choisis. Est-ce que le papier boit beaucoup l’encre ou est-ce qu’au contraire il sature mes couleurs, de quel blanc est-il ? Toujours un petit suspense… Ma hantise, c’est que la chromie soit mauvaise, que la lumière et la légèreté de mes dessins soient assombries et plombées par un papier inadapté. Qu’on perde la dimension aérienne de mon coup de pinceau. Après, il y a les « bonnes » et les « mauvaises » conneries : parfois une erreur permet de faire advenir quelque chose d’inattendu qui fonctionne très bien !

La question à ne pas me poser, merci ? « Est-ce que c’est pas trop difficile d’en vivre ? »

D. C.

self-interview-FG
self-interview-MP